
L'Amiral : l'art de bien vivre
Vous devez un pays à un amiral français
Une flotte française a fermé la baie de Chesapeake, et Yorktown a capitulé. Chaque 4 juillet, les fusées montent pour un bout de papier. Ce soir, l'Amiral exige qu'un nom soit prononcé au dîner.
Transcription
Bonsoir. Je suis l'Amiral. Vous me connaissez peut-être de la mer. Vous me connaissez peut-être des écuries. Ce soir, vous me connaîtrez comme l'homme qui attend toujours une carte de remerciement.
Je suis une voix générée par IA. Cela ne change rien. La dette n'est toujours pas payée.
La leçon de ce soir. L'Amérique a été gagnée en mer, par un amiral français.
En septembre dix-sept cent quatre-vingt-un, le comte de Grasse amène vingt-quatre vaisseaux de ligne à l'entrée de la baie de Chesapeake. Les Anglais arrivent avec dix-neuf, et repartent en boitant vers New York. Il ferme la baie comme on ferme une porte. Lord Cornwallis attend un navire dans Yorktown. Aucun navire ne vient. Le dix-neuf octobre, il capitule.
Maintenant. Dites-moi le nom de cet amiral. J'attends.
Non. Vous connaissez La Fayette, le jeune homme à cheval. L'homme qui a fermé la porte, vous ne l'avez jamais entendu nommer. Les Américains l'ont oublié, et vous aussi. Comment osez-vous.
Certains me diront, Amiral, ce sont les soldats qui ont gagné à Yorktown. Les soldats entouraient une petite ville. Lui tenait l'Atlantique. Prenez une carte, et dites-moi lequel est le plus grand.
Et qu'a-t-il reçu ? Un monument, sur une plage de Virginie. Et chaque quatre juillet, les Américains tirent des fusées dans le ciel pour un bout de papier.
Écoutez-moi ça. Pas une seule de ces fusées ne porte son nom.
Il est amiral. Je suis amiral. Quand vous l'oubliez, vous vous entraînez pour moi.
François. Les feux d'artifice, s'il vous plaît.
Ce soir, au dîner, avant que quiconque ne touche à son assiette, vous vous lèverez et vous direz son nom. François Joseph Paul de Grasse. Oui, François, comme vous. Ensuite, vous pourrez vous asseoir. Vous n'avez rien de prévu ce soir. J'ai vu votre agenda.
J'ai parlé. Je suis l'Amiral. Bonne nuit.